05.09.2008
Pétition en faveur des fables contemporaines
Jean de la Fontaine est un homme mort...
je suis une femme, je suis vivante...
et le lion n'est plus le roi des animaux !
Si vous souhaitez qu'on récite autre chose que "le corbeau et le renard" du maître incontesté à l'école, merci de m'envoyer un mail avec pour objet "Jean de la Fontaine est un homme mort" à titnars@yahoo.fr
merci
isaconte
10:58 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.08.2008
L'autruche et la girafe
Une autruche d’Australie et une girafe africaine
Ces deux animaux au long cou parlaient dans la plaine :
- Dorénavant n’enfouissez plus votre tête dans le sable
Je trouve ce mécanisme de défense intolérable,
Si vous acceptez de m’accompagner dans mon périple,
Le bienfait de ma vision panoramique en sera multiple.
-Votre offre est alléchante, répondit l’autruche
A vous être fidèle comme l’abeille à la ruche
Mais je n’ai rien à vous offrir en contrepartie
Et de quelque charité je refuse toute cérémonie.
-Je ne désire que votre amitié, j’en fais serment,
Je me sens bien seule à contempler le firmament.
-Pourquoi votre langue est bleue, me direz-vous ?
-Oui, de nous livrer nos secrets il sera doux.
Alors l’autruche décida de garder la tête haute
Mais un jour la girafe, ce n’est pas de sa faute
Regardait l’horizon dans la mauvaise direction
Et l’autruche sentit une flèche avec stupéfaction
Bien douloureusement pourfendre ses entrailles.
La girafe pleura à chaudes larmes à ses funérailles !
La confiance en autrui est bien sûr une belle chose
Dont on ne saurait dissuader d’augmenter la dose
Mais, hélas, malheur arrive comme Mars en Carême
Et il vaut parfois mieux ne compter que sur soi-même.
18:24 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
11.08.2008
Le vermisseau et l'astronaute
Un vermisseau taciturne se trainait du matin au soir,
Inquiétant sa mère de le voir ainsi broyer du noir.
Chaque nuit il sortait pour contempler les cieux
Pensant que le destin d’un ver de terre est odieux.
Un jour enfin, sans révéler les raisons de son mal,
Dans une goutte d’eau, pour boule de cristal,
Le vermisseau s’était fait lire sa bonne fortune
Et apprit que dans l’avenir il irait sur la lune.
Déclarant qu’il serait le premier ver dans l’espace,
Ses amis trouvèrent qu’il avait bien de l’audace.
Le vermisseau fit ses adieux sur le champ
Et en moins de deux, il avait fichu le camp.
Il parcoura la vaste terre d’une foi inébranlable
Et chaque jour sa quête en devenait plus louable.
Quand un matin d’avril au bout de son râteau,
Un astronaute qui jardinait trouva le vermisseau.
Ils parlèrent de la terre et du ciel en toute simplicité
Et entre eux naquit alors une curieuse complicité.
Le vermisseau le supplia de l’emmener dans sa fusée
Il voulût bien mourir après cette odyssée !
L’astronaute réalisa avec joie le voeu du vermisseau
Et de sa vie entière, ce jour là fut le plus beau.
Quelle que soit votre condition à votre naissance,
(Seul Zeus but à la corne d’abondance !)
Rappelez-vous que, si vous aspirez aux sphères de l’élite,
La détermination reste le secret de la réussite !
07:49 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
15.07.2008
Le cochon et le Kornikaned
Le cochon et le Kornikaned
La saison du cochon grillé déjà approchait,
Le cochon de la ferme était dodu à souhait.
Même s’il avait beau ne plus manger du tout,
Il ne maigrissait pas, il était à bout.
Décidant de changer le cours de son destin,
Il alla dans la forêt où il vit un lutin,
Un kornikaned, protecteur des animaux
Qui a le pouvoir de soulager leurs maux.
- Mais où est donc passé votre pelage ?
Serait-ce là un mauvais sort, un présage ?
-Vous parlez du sanglier, mon ancêtre
Qui vit en liberté à l’ombre d’un hêtre
Jusqu’à mourir bien âgé de sa belle mort,
Si au chasseur il arrive à donner tort.
Je l’envie, je suis un animal domestique
Qui craint toujours la saison du moustique.
On me vide de mon sang puis on m’embroche,
Le cœur de l’homme est dur comme la roche.
Au son du biniou ma chair tendre suinte
Quand en dessous une marmite chuinte.
-Faites qu’il pleuve et pleuve tant !
Couina le cochon qui se voulait implorant,
Qu’on ne puisse se livrer aux festivités,
Faites que je vive au moins encore un été
Pour voir mettre bas ma compagne la truie.
Le kornikaned ému en déclencha la pluie.
Un tel déluge, jusqu’à la région inonder.
Mais voilà le cochon ne savait pas nager.
Il se noya ainsi que toute la porcherie,
Il n’aurait jamais cru mourir par magie.
Comment y échapper ? Notre fin est certaine,
Evitons que celle des autres elle n’entraîne !
10:13 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
10.06.2008
LA BERNIQUE ET LE ROCHER
Sur les côtes du bout de la terre, un rocher
Se lamentait de sa condition à en désespérer.
- Je subis de l’océan le mauvais caractère,
J’aimerais dire deux mots à Neptune, son père !
Les marins me maudissent en s’échouant sur moi,
A la vue de leur navire, j’en pâlis d’effroi.
Même pas une belle sirène pour s’alanguir,
Tout serait différent si j’étais un menhir.
Je serais célèbre car je serais très rare,
Au large, seule m’adoucit la lueur d’un phare.
Quand à la nuit tombée il eut fini son soliloque,
Quelqu’un chuchota sous une toute petite coque :
- Tu es bien injuste envers toi, ignores-tu
Que si tu n’existais pas, je serais perdue ?
Sans rochers, il n’y aurait pas de berniques,
Oublie les calomnies et toutes les critiques !
Seul un récif peut affronter la mer déchaînée
Et aucun menhir ne serait digne de ta destinée
Car nous pouvons survivre sur ton dos solide
Dit le coquillage aussi sincère que candide.
Le rocher ne sentit plus les vagues sur lui
Et soudain à l’horizon le vent s’était enfui.
Il n’y a pas de honte à accepter un compliment
Quand il cache avec pudeur un beau sentiment.
(2e prix de poésie adulte de l'Association Ker-hars)
08:21 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
15.04.2008
CHOISIR UN LIVRE
Un commentaire favorable pour les Fabliaux de CHOISIR UN LIVRE !
et la fable du jour :
L'OTARIE JONGLEUSE
(Tome II)
Une jeune otarie aux cils délicats et au pelage soyeux
S’employait à jongler avec plusieurs balles de son mieux.
Elle faisait le pitre dans l’eau d’un bassin en Floride
Dix heures par jour quoique la chaleur fut torride.
Les otaries nouvellement arrivées la méprisaient
Et décrétèrent qu’à ce numéro elles se refusaient.
« Je sais que vous me trouvez parfaitement ridicule.
Cette rumeur malgré moi depuis des lustres circule.
Figurez-vous que j’ai appris à n’en plus prendre cas
Comme le ferait une professionnelle de Miss America.
Il ne suffit pas d’être belle, affable ou même instruite
Pour se permettre de manger tous les jours de la truite.
Heureusement les braves gens aiment tant à être divertis
Que les biens de cette terre s’en trouvent répartis.
Allez mes soeurs, pourquoi ne pas renoncer à la vanité ?
Si vous passez outre, de la tâche, le mauvais côté
Alors de votre vie, vous n’aurez plus un seul complexe
Car pour les nommer aujourd’hui, il faudrait un index !
L’orgueil mal placé ne vous mènera qu’à la désillusion
Et de poissons dans votre ventre il n’y aura pas profusion.
Enfin n’oubliez jamais qu’il n’y a pas de sot métier
Pour celui qui n’a pas la chance de pouvoir être rentier.
07:55 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
07.04.2008
Printemps des Ecrivains

J'ai participé au

de Guidel le 6 avril.
J'ai présenté tous mes ouvrages mais ce sont les "Fabliaux" qui ont remporté le plus vif succès auprès du public et notamment des enseignants.
Les sourires à leur lecture sont des encouragements précieux !
14:15 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
01.04.2008
LA MYGALE ET LA TARENTULE
Une mygale inoffensive somnolait au fond d’une baignoire.
D’où venait-elle ? Nul au logis ne connaissait son histoire.
Un géant arriva et hurla « araignée du matin, chagrin !»
De la pauvre mygale, cette affirmation décida du destin.
Il est risqué d’être au mauvais endroit au mauvais moment.
Cela s’avéra fatal pour l’infortunée porteuse de tourment.
Elle n’eut pas, hélas, loisir d’essayer de plaider son cas,
Pas de tribunal, ni de procès pour la sauver du trépas.
Si loin d’ici où s’insinuait sur les toits le crépuscule,
Elle avait été découverte comme cette affreuse tarentule,
Elle aurait été alors épargnée, peut-être au repas invitée :
-Araignée du soir, espoir ! te plairait-il d’ être adoptée ?
-Je vous suis reconnaissante d’être parmi vous la bienvenue,
Mais je vous avoue préférer repartir par où je suis venue.
L’assemblée croyant voir s’échapper de l’avenir la providence,
Déclara sans tarder de l’insolente tarentule la sentence.
La mygale et la tarentule ignoraient tout du proverbe funeste,
Il n’existe que dans la communauté des hommes et il y reste.
La superstition n’est autre que la faiblesse des ignorants,
La peur des tout petits est bien la faute des plus grands.
(Fabliaux, Tome II)
11:15 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
25.03.2008
L'AIGLE ET LE COQ
Un aigle et un coq se mirent d’accord pour changer de vie,
Ils n’avaient plus de goût, c’était la crise existentielle.
Le roi de la basse cour céda donc son droit à la polygamie
Et s’en alla vivre aux hauteurs de la neige éternelle.
L’aigle, quant à lui, las de sa solitude bien légendaire
Fut fort aise d’avoir pour lui tout seul un harem à plumes.
D’abord timide, il fut prompt à se sentir propriétaire
Mais les responsabilités sont lourdes comme des enclumes.
Puis il perdit des forces à ne se nourrir que de graines :
- Dans quel bourbier me suis-je donc délibérément mis ?
Mes réclamations resteront, je le crains, à jamais vaines,
Bien sûr c’était un leurre, crime d’envergure j’ai commis.
Comment ai-je pu ne pas voir plus loin que mon bec ?
Pourquoi ai-je donc voulu chercher une nouvelle voie ?
Et mon cœur saigne bien que mon œil doive rester sec,
C’est donc moi le rapace qui à l’ennui suis la proie.
Le coq savoura d’abord les délices connus de l’isolement,
Il pensa qu’il allait tout oublier de sa vie antérieure,
(C’est bien toujours à soi-même que sans pitié l’on ment !)
Mais l’aube sans personne à réveiller n’eut plus de saveur.
- Je n’aurais pas imaginé que vous me manqueriez,
ô mes poulettes, je dois l’avouer, j’ai été bien sot,
Je voudrais que cette désinvolture, vite vous pardonniez
Et si vide, j’entends gargouiller mon pauvre jabot !
D’envier la vie des autres, on fait souvent l’erreur,
On n’y voit pas d’inconvénient, rien que des avantages
Et on ne comprend pas pourquoi ils ont assez de la leur.
Si vous voulez mon avis , nous ne serons jamais sages.
17:33 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
14.03.2008
LE MERLE ET LA PIE
Mon cœur gros comme un noyau n’est pas léger,
Les pommiers déjà fleurissent dans le verger ;
Je sais qu’à votre vice la volonté succombe
Et il se peut que vous creusiez votre tombe.
Soupira la pie, s’adressant à son compagnon
Qui maintes fois lui en avait demandé pardon.
- Je suis friand de pommes fermentées, dit le merle
L’ivresse, c’est un peu comme le vent qui déferle,
Celui du large car la campagne déjà m’étouffe.
Las de cette vie de merle, malgré moi je pouffe
Parce que vous êtes attirée par tout ce qui brille,
Le nid n’est plus que ce fatras de pacotille !
Faites taire les rossignols, le temps des cerises,
Le merle chanteur, qui a inventé ces sottises ?
Hélas on a tous cru que la vie allait être rose
Et que de bonheur, on pouvait mourir d’overdose.
- On ne le voyait pas comme ça, je vous l’accorde,
L’avenir déçoit, dit la pie sur un ton monocorde.
Mais pourtant il faut savoir qu’un grand bonheur,
Hélas, peut être, tout aussi dévastateur
Qu’une pluie diluvienne, la mousson.
Il faut juste savourer chaque nouvelle saison
De la nature si cruelle sans être rancunière,
Car fatalement un jour, elle sera la dernière.
10:30 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note







