18.03.2009
Le chat qui se prenait pour un hibou

Un chaton blanc était monté au sommet d’un marronnier
Or, le hibou de l’arbre n’était pas très hospitalier.
Il allait jusqu’à l’orée du bois faire un esclandre.
– Ne vois-tu pas qu’il ne peut redescendre ?
Dit la chouette lui offrant la chaleur de son aile
Car elle avait bien secrètement la fibre maternelle.
Les saisons se succédèrent, paisibles dans l’ombrage.
A la physionomie des rapaces, le chat donnait le gage,
Les yeux tout écarquillés et les oreilles en biais,
Les autres chats trouvaient qu’il avait l’air niais !
Ne savait-il pas qu’il était devenu un gros matou ?
Etait-il possible qu’il se prenne pour un hibou ?
Le chat était nourri, logé voire même pourri gâté,
Tout portait à croire qu’ainsi s’écoule l’éternité.
Mais le hibou déjà vieux mourut de son grand âge
Et il fallut à sa compagne éplorée bien du courage.
Dans son nid de mort, la chouette avoua au félin
Toute la vérité, c’est-à-dire qu’il était orphelin.
Le chat vécut alors comme l’oiseau sur la branche,
Il ne savait pas chasser, même pas faire la manche.
Jusqu’à ce jour, il l’ignorait, s’en fichant pas mal,
Parfois on aime énormément, hélas pourtant très mal !
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24.02.2009
Nouveau recueil !

Le nouveau recueil de fables est disponible sur le site du Manuscrit et de tous les libraires en ligne.
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05.01.2009
Les fabliaux illustrés
2009 sera l'année de la réédition des "Fabliaux" avec des illustrations originales d'Olivier Pinchon que je remercie pour son talent. Voici quelques exemples :

la cigogne et le flamant rose

le vermisseau et l'astronaute

le cheval de course et le dahu
Une souscription va être lancée, contactez-moi si vous êtes intéressés.
08:25 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.12.2008
Les deux baudets
Un vieil âne tout gris comme le ciel sous lequel il vivait
N’osait jamais renâcler à la tâche qu’on lui infligeait.
Il avait attachée devant lui une appétissante carotte,
On avait toujours prétendu que son espèce était sotte !
Il lorgnait jusqu’à loucher sur l’objet de ce subterfuge,
Espérant croquer la carotte, il ne faisait pas de grabuge.
Puis un jour, le paysan revint avec un deuxième baudet.
Notre âne partagea de bonne grâce l’eau de son baquet.
Pendant des mois ils usèrent leurs sabots sur la route
Ainsi continuerait leur vie, il n’y avait aucun doute !
Mais un jour le paysan sombra dans un état de somnolence
-C’est inespéré, c’est là peut-être notre jour de chance !
Notre âne chuchota à l’oreille de son loyal complice
Comment mettre enfin un terme à leur affreux supplice.
- Que justice sur cette terre nous soit enfin rendue,
Oeuvrons pour obtenir le salaire d’une carotte crue !
Alors l’un face à l’autre et les yeux dans les yeux,
Ils purent manger le légume parce qu’ils étaient deux !
Les baudets donnèrent là une belle leçon de solidarité.
Ils en réveillèrent le paysan par leur soudaine hilarité.
Tout animal en bonne compagnie en devient moins veule
Et on se sort mieux du pétrin quand on n’est pas seul !
12:38 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
28.11.2008
Résulats de l'enquête
A peu près 10 % de réponses.
Cependant, le contenu des réponses est encourageant.
Synthèse :
Les professeurs avouent que Jean de la Fontaine est un peu trop "incontournable"
Ils reconnaissent que ses fables peuvent parfois être difficiles à aborder en classe (vocabulaire, syntaxe, références...)
Mis à part La Fontaine, ils mentionnent les fables d'Anouil et de Stevenson.
Il semble qu'ils n'aient pas connaissance des fabulistes contemporains, voire pensent que la fable est une forme d'écriture qui n'est plus d'actualité.
Ils sont tous très ouverts à la découverte des fabulistes contemporains.
Conclusion :
Les fabulistes contemporains peuvent être optimistes. Il en ressort qu'il est fondamental qu'ils soient visibles et qu'une approche concertée peut aboutir à une nouvelle ère de la fable comme outil pédagogique.
Les échanges sont toujours constructifs et génèrent des idées intéressantes. Suite à une suggestion, je vais m'essayer à un autre genre de fables pour un public d'étudiants bien spécifique.
11:01 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.09.2008
Sondage
Je lance un sondage par mail auprès des professeurs de Français, en France dans un premier temps puis dans tous les pays francophones en leur demandant leur avis sur le monopole de Jean de la Fontaine dans le genre de la fable.
Je posterai les résultats sur ce blog.
08:51 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.08.2008
L'autruche et la girafe
Une autruche d’Australie et une girafe africaine
Ces deux animaux au long cou parlaient dans la plaine :
- Dorénavant n’enfouissez plus votre tête dans le sable
Je trouve ce mécanisme de défense intolérable,
Si vous acceptez de m’accompagner dans mon périple,
Le bienfait de ma vision panoramique en sera multiple.
-Votre offre est alléchante, répondit l’autruche
A vous être fidèle comme l’abeille à la ruche
Mais je n’ai rien à vous offrir en contrepartie
Et de quelque charité je refuse toute cérémonie.
-Je ne désire que votre amitié, j’en fais serment,
Je me sens bien seule à contempler le firmament.
-Pourquoi votre langue est bleue, me direz-vous ?
-Oui, de nous livrer nos secrets il sera doux.
Alors l’autruche décida de garder la tête haute
Mais un jour la girafe, ce n’est pas de sa faute
Regardait l’horizon dans la mauvaise direction
Et l’autruche sentit une flèche avec stupéfaction
Bien douloureusement pourfendre ses entrailles.
La girafe pleura à chaudes larmes à ses funérailles !
La confiance en autrui est bien sûr une belle chose
Dont on ne saurait dissuader d’augmenter la dose
Mais, hélas, malheur arrive comme Mars en Carême
Et il vaut parfois mieux ne compter que sur soi-même.
18:24 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
11.08.2008
Le vermisseau et l'astronaute
Un vermisseau taciturne se trainait du matin au soir,
Inquiétant sa mère de le voir ainsi broyer du noir.
Chaque nuit il sortait pour contempler les cieux
Pensant que le destin d’un ver de terre est odieux.
Un jour enfin, sans révéler les raisons de son mal,
Dans une goutte d’eau, pour boule de cristal,
Le vermisseau s’était fait lire sa bonne fortune
Et apprit que dans l’avenir il irait sur la lune.
Déclarant qu’il serait le premier ver dans l’espace,
Ses amis trouvèrent qu’il avait bien de l’audace.
Le vermisseau fit ses adieux sur le champ
Et en moins de deux, il avait fichu le camp.
Il parcoura la vaste terre d’une foi inébranlable
Et chaque jour sa quête en devenait plus louable.
Quand un matin d’avril au bout de son râteau,
Un astronaute qui jardinait trouva le vermisseau.
Ils parlèrent de la terre et du ciel en toute simplicité
Et entre eux naquit alors une curieuse complicité.
Le vermisseau le supplia de l’emmener dans sa fusée
Il voulût bien mourir après cette odyssée !
L’astronaute réalisa avec joie le voeu du vermisseau
Et de sa vie entière, ce jour là fut le plus beau.
Quelle que soit votre condition à votre naissance,
(Seul Zeus but à la corne d’abondance !)
Rappelez-vous que, si vous aspirez aux sphères de l’élite,
La détermination reste le secret de la réussite !
07:49 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
15.07.2008
Le cochon et le Kornikaned
Le cochon et le Kornikaned
La saison du cochon grillé déjà approchait,
Le cochon de la ferme était dodu à souhait.
Même s’il avait beau ne plus manger du tout,
Il ne maigrissait pas, il était à bout.
Décidant de changer le cours de son destin,
Il alla dans la forêt où il vit un lutin,
Un kornikaned, protecteur des animaux
Qui a le pouvoir de soulager leurs maux.
- Mais où est donc passé votre pelage ?
Serait-ce là un mauvais sort, un présage ?
-Vous parlez du sanglier, mon ancêtre
Qui vit en liberté à l’ombre d’un hêtre
Jusqu’à mourir bien âgé de sa belle mort,
Si au chasseur il arrive à donner tort.
Je l’envie, je suis un animal domestique
Qui craint toujours la saison du moustique.
On me vide de mon sang puis on m’embroche,
Le cœur de l’homme est dur comme la roche.
Au son du biniou ma chair tendre suinte
Quand en dessous une marmite chuinte.
-Faites qu’il pleuve et pleuve tant !
Couina le cochon qui se voulait implorant,
Qu’on ne puisse se livrer aux festivités,
Faites que je vive au moins encore un été
Pour voir mettre bas ma compagne la truie.
Le kornikaned ému en déclencha la pluie.
Un tel déluge, jusqu’à la région inonder.
Mais voilà le cochon ne savait pas nager.
Il se noya ainsi que toute la porcherie,
Il n’aurait jamais cru mourir par magie.
Comment y échapper ? Notre fin est certaine,
Evitons que celle des autres elle n’entraîne !
10:13 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
10.06.2008
LA BERNIQUE ET LE ROCHER
Sur les côtes du bout de la terre, un rocher
Se lamentait de sa condition à en désespérer.
- Je subis de l’océan le mauvais caractère,
J’aimerais dire deux mots à Neptune, son père !
Les marins me maudissent en s’échouant sur moi,
A la vue de leur navire, j’en pâlis d’effroi.
Même pas une belle sirène pour s’alanguir,
Tout serait différent si j’étais un menhir.
Je serais célèbre car je serais très rare,
Au large, seule m’adoucit la lueur d’un phare.
Quand à la nuit tombée il eut fini son soliloque,
Quelqu’un chuchota sous une toute petite coque :
- Tu es bien injuste envers toi, ignores-tu
Que si tu n’existais pas, je serais perdue ?
Sans rochers, il n’y aurait pas de berniques,
Oublie les calomnies et toutes les critiques !
Seul un récif peut affronter la mer déchaînée
Et aucun menhir ne serait digne de ta destinée
Car nous pouvons survivre sur ton dos solide
Dit le coquillage aussi sincère que candide.
Le rocher ne sentit plus les vagues sur lui
Et soudain à l’horizon le vent s’était enfui.
Il n’y a pas de honte à accepter un compliment
Quand il cache avec pudeur un beau sentiment.
(2e prix de poésie adulte de l'Association Ker-hars)
08:21 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note







