25.08.2008
L'autruche et la girafe
Une autruche d’Australie et une girafe africaine
Ces deux animaux au long cou parlaient dans la plaine :
- Dorénavant n’enfouissez plus votre tête dans le sable
Je trouve ce mécanisme de défense intolérable,
Si vous acceptez de m’accompagner dans mon périple,
Le bienfait de ma vision panoramique en sera multiple.
-Votre offre est alléchante, répondit l’autruche
A vous être fidèle comme l’abeille à la ruche
Mais je n’ai rien à vous offrir en contrepartie
Et de quelque charité je refuse toute cérémonie.
-Je ne désire que votre amitié, j’en fais serment,
Je me sens bien seule à contempler le firmament.
-Pourquoi votre langue est bleue, me direz-vous ?
-Oui, de nous livrer nos secrets il sera doux.
Alors l’autruche décida de garder la tête haute
Mais un jour la girafe, ce n’est pas de sa faute
Regardait l’horizon dans la mauvaise direction
Et l’autruche sentit une flèche avec stupéfaction
Bien douloureusement pourfendre ses entrailles.
La girafe pleura à chaudes larmes à ses funérailles !
La confiance en autrui est bien sûr une belle chose
Dont on ne saurait dissuader d’augmenter la dose
Mais, hélas, malheur arrive comme Mars en Carême
Et il vaut parfois mieux ne compter que sur soi-même.
18:24 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
11.08.2008
Le vermisseau et l'astronaute
Un vermisseau taciturne se trainait du matin au soir,
Inquiétant sa mère de le voir ainsi broyer du noir.
Chaque nuit il sortait pour contempler les cieux
Pensant que le destin d’un ver de terre est odieux.
Un jour enfin, sans révéler les raisons de son mal,
Dans une goutte d’eau, pour boule de cristal,
Le vermisseau s’était fait lire sa bonne fortune
Et apprit que dans l’avenir il irait sur la lune.
Déclarant qu’il serait le premier ver dans l’espace,
Ses amis trouvèrent qu’il avait bien de l’audace.
Le vermisseau fit ses adieux sur le champ
Et en moins de deux, il avait fichu le camp.
Il parcoura la vaste terre d’une foi inébranlable
Et chaque jour sa quête en devenait plus louable.
Quand un matin d’avril au bout de son râteau,
Un astronaute qui jardinait trouva le vermisseau.
Ils parlèrent de la terre et du ciel en toute simplicité
Et entre eux naquit alors une curieuse complicité.
Le vermisseau le supplia de l’emmener dans sa fusée
Il voulût bien mourir après cette odyssée !
L’astronaute réalisa avec joie le voeu du vermisseau
Et de sa vie entière, ce jour là fut le plus beau.
Quelle que soit votre condition à votre naissance,
(Seul Zeus but à la corne d’abondance !)
Rappelez-vous que, si vous aspirez aux sphères de l’élite,
La détermination reste le secret de la réussite !
07:49 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
15.07.2008
Le cochon et le Kornikaned
Le cochon et le Kornikaned
La saison du cochon grillé déjà approchait,
Le cochon de la ferme était dodu à souhait.
Même s’il avait beau ne plus manger du tout,
Il ne maigrissait pas, il était à bout.
Décidant de changer le cours de son destin,
Il alla dans la forêt où il vit un lutin,
Un kornikaned, protecteur des animaux
Qui a le pouvoir de soulager leurs maux.
- Mais où est donc passé votre pelage ?
Serait-ce là un mauvais sort, un présage ?
-Vous parlez du sanglier, mon ancêtre
Qui vit en liberté à l’ombre d’un hêtre
Jusqu’à mourir bien âgé de sa belle mort,
Si au chasseur il arrive à donner tort.
Je l’envie, je suis un animal domestique
Qui craint toujours la saison du moustique.
On me vide de mon sang puis on m’embroche,
Le cœur de l’homme est dur comme la roche.
Au son du biniou ma chair tendre suinte
Quand en dessous une marmite chuinte.
-Faites qu’il pleuve et pleuve tant !
Couina le cochon qui se voulait implorant,
Qu’on ne puisse se livrer aux festivités,
Faites que je vive au moins encore un été
Pour voir mettre bas ma compagne la truie.
Le kornikaned ému en déclencha la pluie.
Un tel déluge, jusqu’à la région inonder.
Mais voilà le cochon ne savait pas nager.
Il se noya ainsi que toute la porcherie,
Il n’aurait jamais cru mourir par magie.
Comment y échapper ? Notre fin est certaine,
Evitons que celle des autres elle n’entraîne !
10:13 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note







