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10.06.2008

LA BERNIQUE ET LE ROCHER

Sur les côtes du bout de la terre, un rocher
Se lamentait de sa condition à en désespérer.
- Je subis de l’océan le mauvais caractère,
J’aimerais dire deux mots à Neptune, son père !
Les marins me maudissent en s’échouant sur moi,
A la vue de leur navire, j’en pâlis d’effroi.
Même pas une belle sirène pour s’alanguir,
Tout serait différent si j’étais un menhir.
Je serais célèbre car je serais très rare,
Au large, seule m’adoucit la lueur d’un phare.
Quand à la nuit tombée il eut fini son soliloque,
Quelqu’un chuchota sous une toute petite coque :
- Tu es bien injuste envers toi, ignores-tu
Que si tu n’existais pas, je serais perdue ?
Sans rochers, il n’y aurait pas de berniques,
Oublie les calomnies et toutes les critiques !
Seul un récif peut affronter la mer déchaînée
Et aucun menhir ne serait digne de ta destinée
Car nous pouvons survivre sur ton dos solide
Dit le coquillage aussi sincère que candide.
Le rocher ne sentit plus les vagues sur lui
Et soudain à l’horizon le vent s’était enfui.
Il n’y a pas de honte à accepter un compliment
Quand il cache avec pudeur un beau sentiment.


(2e prix de poésie adulte de l'Association Ker-hars)