15.07.2008
Le cochon et le Kornikaned
Le cochon et le Kornikaned
La saison du cochon grillé déjà approchait,
Le cochon de la ferme était dodu à souhait.
Même s’il avait beau ne plus manger du tout,
Il ne maigrissait pas, il était à bout.
Décidant de changer le cours de son destin,
Il alla dans la forêt où il vit un lutin,
Un kornikaned, protecteur des animaux
Qui a le pouvoir de soulager leurs maux.
- Mais où est donc passé votre pelage ?
Serait-ce là un mauvais sort, un présage ?
-Vous parlez du sanglier, mon ancêtre
Qui vit en liberté à l’ombre d’un hêtre
Jusqu’à mourir bien âgé de sa belle mort,
Si au chasseur il arrive à donner tort.
Je l’envie, je suis un animal domestique
Qui craint toujours la saison du moustique.
On me vide de mon sang puis on m’embroche,
Le cœur de l’homme est dur comme la roche.
Au son du biniou ma chair tendre suinte
Quand en dessous une marmite chuinte.
-Faites qu’il pleuve et pleuve tant !
Couina le cochon qui se voulait implorant,
Qu’on ne puisse se livrer aux festivités,
Faites que je vive au moins encore un été
Pour voir mettre bas ma compagne la truie.
Le kornikaned ému en déclencha la pluie.
Un tel déluge, jusqu’à la région inonder.
Mais voilà le cochon ne savait pas nager.
Il se noya ainsi que toute la porcherie,
Il n’aurait jamais cru mourir par magie.
Comment y échapper ? Notre fin est certaine,
Evitons que celle des autres elle n’entraîne !
10:13 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
10.06.2008
LA BERNIQUE ET LE ROCHER
Sur les côtes du bout de la terre, un rocher
Se lamentait de sa condition à en désespérer.
- Je subis de l’océan le mauvais caractère,
J’aimerais dire deux mots à Neptune, son père !
Les marins me maudissent en s’échouant sur moi,
A la vue de leur navire, j’en pâlis d’effroi.
Même pas une belle sirène pour s’alanguir,
Tout serait différent si j’étais un menhir.
Je serais célèbre car je serais très rare,
Au large, seule m’adoucit la lueur d’un phare.
Quand à la nuit tombée il eut fini son soliloque,
Quelqu’un chuchota sous une toute petite coque :
- Tu es bien injuste envers toi, ignores-tu
Que si tu n’existais pas, je serais perdue ?
Sans rochers, il n’y aurait pas de berniques,
Oublie les calomnies et toutes les critiques !
Seul un récif peut affronter la mer déchaînée
Et aucun menhir ne serait digne de ta destinée
Car nous pouvons survivre sur ton dos solide
Dit le coquillage aussi sincère que candide.
Le rocher ne sentit plus les vagues sur lui
Et soudain à l’horizon le vent s’était enfui.
Il n’y a pas de honte à accepter un compliment
Quand il cache avec pudeur un beau sentiment.
(2e prix de poésie adulte de l'Association Ker-hars)
08:21 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
15.04.2008
CHOISIR UN LIVRE
Un commentaire favorable pour les Fabliaux de CHOISIR UN LIVRE !
et la fable du jour :
L'OTARIE JONGLEUSE
(Tome II)
Une jeune otarie aux cils délicats et au pelage soyeux
S’employait à jongler avec plusieurs balles de son mieux.
Elle faisait le pitre dans l’eau d’un bassin en Floride
Dix heures par jour quoique la chaleur fut torride.
Les otaries nouvellement arrivées la méprisaient
Et décrétèrent qu’à ce numéro elles se refusaient.
« Je sais que vous me trouvez parfaitement ridicule.
Cette rumeur malgré moi depuis des lustres circule.
Figurez-vous que j’ai appris à n’en plus prendre cas
Comme le ferait une professionnelle de Miss America.
Il ne suffit pas d’être belle, affable ou même instruite
Pour se permettre de manger tous les jours de la truite.
Heureusement les braves gens aiment tant à être divertis
Que les biens de cette terre s’en trouvent répartis.
Allez mes soeurs, pourquoi ne pas renoncer à la vanité ?
Si vous passez outre, de la tâche, le mauvais côté
Alors de votre vie, vous n’aurez plus un seul complexe
Car pour les nommer aujourd’hui, il faudrait un index !
L’orgueil mal placé ne vous mènera qu’à la désillusion
Et de poissons dans votre ventre il n’y aura pas profusion.
Enfin n’oubliez jamais qu’il n’y a pas de sot métier
Pour celui qui n’a pas la chance de pouvoir être rentier.
07:55 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note







